Cours 4 min·Médecine & Pharmacie

Cardiologie : comprendre le cœur et ses maladies

Ce cours pose les bases de la cardiologie pour un étudiant qui part de zéro. Tu découvres le fonctionnement du cœur, les grandes pathologies et les pièges classiques d'examen.

1.Définir la cardiologie et son objet

La cardiologie est la discipline médicale qui étudie le cœur et les vaisseaux sanguins, leur fonctionnement normal et leurs maladies. Le cœur est une pompe musculaire divisée en quatre cavités : deux oreillettes en haut, deux ventricules en bas. Il propulse le sang dans tout le corps grâce à des contractions rythmiques, environ 70 fois par minute au repos chez l'adulte. Le sang pauvre en oxygène revient au cœur droit, part vers les poumons pour s'oxygéner, puis revient au cœur gauche qui l'envoie vers tous les organes. Ce circuit s'appelle la circulation. Un cardiologue s'occupe donc de l'infarctus, de l'hypertension, des troubles du rythme ou des valves défectueuses. Comprendre l'anatomie et le trajet du sang est le point de départ obligatoire avant d'aborder les maladies.

  • Le cœur a quatre cavités : deux oreillettes, deux ventricules.
  • La circulation relie cœur, poumons et organes en un circuit continu.
  • Fréquence cardiaque normale au repos : 60 à 100 battements par minute.

2.L'électricité cardiaque et l'ECG

Le cœur se contracte grâce à un système électrique interne. Un petit groupe de cellules, le nœud sinusal, situé dans l'oreillette droite, génère spontanément une impulsion électrique. Cette impulsion se propage aux oreillettes puis descend vers les ventricules via le nœud auriculo-ventriculaire, un relais qui ralentit légèrement le signal. L'électrocardiogramme, ou ECG, enregistre cette activité électrique depuis la peau grâce à des électrodes. Il montre des ondes caractéristiques : l'onde P correspond à la contraction des oreillettes, le complexe QRS à celle des ventricules, l'onde T à leur relâchement. Un ECG permet de détecter un rythme anormal, un infarctus en cours ou un trouble de conduction. Par exemple, une fibrillation atriale se voit par une absence d'onde P régulière et un rythme ventriculaire irrégulier. L'ECG reste l'examen de première intention en cardiologie.

  • Le nœud sinusal est le chef d'orchestre naturel du rythme cardiaque.
  • L'ECG traduit l'activité électrique en ondes P, QRS et T.
  • Un rythme irrégulier sans onde P évoque une fibrillation atriale.

3.L'infarctus du myocarde, urgence majeure

L'infarctus du myocarde survient quand une artère coronaire, qui nourrit le muscle cardiaque, se bouche brutalement, souvent à cause d'une plaque d'athérome qui se rompt et forme un caillot. Le muscle privé d'oxygène commence à mourir en quelques minutes. Le symptôme typique est une douleur thoracique intense, constrictive, irradiant vers le bras gauche ou la mâchoire, durant plus de 20 minutes. Le diagnostic repose sur l'ECG, qui montre parfois un sus-décalage du segment ST, et sur un dosage sanguin appelé troponine, une protéine libérée par les cellules cardiaques abîmées. Le traitement d'urgence vise à déboucher l'artère par angioplastie, une technique qui dilate le vaisseau avec un ballonnet puis pose un stent, un petit ressort métallique qui maintient l'artère ouverte. Chaque minute compte : le pronostic dépend de la rapidité de prise en charge.

  • La douleur thoracique prolongée de plus de 20 minutes doit alerter.
  • La troponine élevée confirme la souffrance des cellules cardiaques.
  • L'angioplastie avec stent est le traitement de référence en urgence.

4.L'insuffisance cardiaque et son évolution

L'insuffisance cardiaque correspond à l'incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour couvrir les besoins de l'organisme. Elle peut toucher le côté gauche, provoquant un essoufflement à l'effort puis au repos car le sang stagne dans les poumons, ou le côté droit, provoquant des œdèmes des jambes car le sang stagne dans les veines du corps. Les causes principales sont l'infarctus ancien, l'hypertension artérielle non contrôlée et les maladies des valves cardiaques. Le diagnostic s'appuie sur l'échocardiographie, une échographie du cœur qui mesure la fraction d'éjection, c'est-à-dire le pourcentage de sang éjecté à chaque battement. Une fraction normale tourne autour de 60 %. Le traitement associe des médicaments qui déchargent le cœur, comme les diurétiques, et d'autres qui le protègent sur le long terme, comme les bêtabloquants.

  • L'insuffisance gauche donne un essoufflement, la droite donne des œdèmes.
  • La fraction d'éjection mesurée en échocardiographie évalue la pompe cardiaque.
  • Bêtabloquants et diurétiques sont des piliers du traitement chronique.

5.L'hypertension artérielle, facteur de risque clé

L'hypertension artérielle se définit par une pression artérielle supérieure ou égale à 140/90 mmHg mesurée au cabinet médical, confirmée sur plusieurs consultations. Le premier chiffre, la pression systolique, correspond à la pression au moment où le cœur se contracte. Le second, la pression diastolique, correspond à la pression quand le cœur se relâche. L'hypertension abîme progressivement les artères, le cœur, les reins et le cerveau, souvent sans aucun symptôme pendant des années, d'où son surnom de tueur silencieux. Elle multiplie le risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral et d'insuffisance cardiaque. La prise en charge commence par des mesures hygiéno-diététiques : réduire le sel, perdre du poids, pratiquer une activité physique régulière. Si cela ne suffit pas, des médicaments comme les inhibiteurs de l'enzyme de conversion ou les diurétiques thiazidiques sont prescrits.

  • Seuil diagnostique : pression artérielle égale ou supérieure à 140/90 mmHg.
  • L'hypertension est souvent asymptomatique mais dangereuse à long terme.
  • Les mesures hygiéno-diététiques précèdent ou accompagnent les médicaments.

6.Erreurs fréquentes et points d'examen

Une erreur classique est de confondre douleur thoracique d'origine cardiaque et douleur musculaire ou digestive : toute douleur thoracique nouvelle et intense doit être explorée par ECG avant d'être écartée. Une autre erreur est d'oublier que l'infarctus peut être silencieux ou atypique chez la personne âgée, la femme ou le diabétique, se manifestant seulement par une fatigue ou un essoufflement. À l'examen, les items les plus testés concernent la lecture d'un ECG normal et pathologique, la définition précise de l'hypertension et de l'insuffisance cardiaque, ainsi que la reconnaissance des signes d'urgence nécessitant un appel au SAMU. Retiens aussi que fraction d'éjection préservée et altérée correspondent à deux formes différentes d'insuffisance cardiaque, avec des traitements qui ne sont pas identiques. Les correcteurs sanctionnent souvent les confusions entre systolique et diastolique.

  • Toute douleur thoracique nouvelle mérite un ECG avant d'être banalisée.
  • L'infarctus peut être atypique chez la femme, le diabétique ou la personne âgée.
  • Distingue bien fraction d'éjection préservée et altérée dans l'insuffisance cardiaque.

À retenir

  • 1Le cœur fonctionne comme une pompe à quatre cavités reliée à un circuit sanguin continu.
  • 2L'ECG traduit l'activité électrique du cœur et reste l'examen de première intention.
  • 3L'infarctus est une urgence où chaque minute conditionne le pronostic vital.
  • 4L'hypertension artérielle est un facteur de risque silencieux mais majeur de complications cardiovasculaires.
  • 5L'insuffisance cardiaque se distingue selon le côté atteint et la fraction d'éjection mesurée.
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